Objet : Plaidoyer pour la protection des droits des femmes travaillant chez les expatriés en République Démocratique du Congo
Son Excellence Monsieur le Président de la République,
En ce mois de mars, consacré à la célébration des droits de la femme, je me permets, par la présente, d’attirer votre haute attention sur une situation préoccupante que vivent de nombreuses femmes congolaises employées au sein d’entreprises et ménages d’expatriés, notamment libanais, pakistanais, indiens et autres.
Ces femmes, mères, filles et piliers de leurs familles, contribuent de manière significative à l’économie nationale. Pourtant, elles exercent dans des conditions précaires et souvent indignes, en marge des lois sociales de notre pays.
Il est alarmant de constater que plusieurs d’entre elles travaillent depuis des années — parfois plus de cinq ans — sans jamais bénéficier d’un contrat de travail en bonne et due forme. Maintenues dans un statut de journalières permanentes, elles sont privées de toute sécurité professionnelle et juridique.
Par ailleurs, ces travailleuses ne bénéficient ni de couverture médicale adéquate, ni de congés, encore moins de prise en charge en cas d’accident sur leur lieu de travail. Cette réalité constitue une violation flagrante des droits fondamentaux du travail et de la dignité humaine.
Plus inquiétant encore, le SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) n’est pas respecté dans la majorité des cas. Ces femmes perçoivent des rémunérations dérisoires, insuffisantes pour subvenir à leurs besoins et encore moins pour garantir un avenir stable à leurs familles. Elles se retrouvent ainsi dans une précarité chronique, incapables d’accéder à des crédits ou de préparer leur retraite.
Pendant ce temps, leurs employeurs, souvent expatriés, prospèrent et accumulent des richesses considérables grâce à leur labeur, creusant davantage les inégalités.
Face à cette situation, il est impératif que des mesures concrètes soient prises. Nous sollicitons respectueusement :
- L’ouverture d’une enquête approfondie sur les conditions de travail des femmes employées par des expatriés ;
- Le renforcement des mécanismes de contrôle par l’Inspection du travail ;
- L’application stricte des lois relatives au contrat de travail, au SMIG et à la sécurité sociale ;
- La mise en place de sanctions exemplaires contre les employeurs en infraction ;
- L’accès effectif à la protection sociale, aux soins médicaux et à une retraite digne pour ces travailleuses.
Excellence Monsieur le Président, la promotion des droits de la femme ne saurait être effective sans une justice sociale réelle. Ces femmes méritent d’être protégées, respectées et valorisées à la hauteur de leur contribution à la société.
Nous vous prions de bien vouloir accorder une attention particulière à cette problématique, afin de restaurer la dignité et les droits de ces milliers de femmes congolaises.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
Madame Bijou Aridja
Ambassadrice Universelle de la Paix
Fondatrice de la Fondation FOBIJA